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COMPARATIF

Chauffage gaz ou électrique le moins cher cet hiver : faites le vrai calcul

Chauffage : le kWh ne dit pas tout. Le gaz peut coûter moins cher à l’usage qu’un radiateur électrique à résistance… mais son abonnement et l’entretien de la chaudière peuvent effacer l’avantage si vous chauffez peu. Pour comparer, il faut regarder la chaleur réellement délivrée, pas seulement l’énergie achetée : le rendement compte aussi, comme le rappelle l’ADEME. Notre article vous aide à refaire le calcul avec vos factures, avant d’envisager des travaux. Source : https://librairie.ademe.fr/changement-climatique-et-energie/1015-choisir-son-systeme-de-chauffage.html

Une femme utilise une calculatrice à une table, près d’une chaudière et d’un radiateur électrique
Une femme utilise une calculatrice à une table, près d’une chaudière et d’un radiateur électrique

En bref

1Chauffage : le kWh ne dit pas tout.

2Le gaz peut coûter moins cher à l’usage qu’un radiateur électrique à résistance… mais son abonnement et l’entretien de la chaudière peuvent effacer l’avantage si vous chauffez peu.

3Pour comparer, il faut regarder la chaleur réellement délivrée, pas seulement l’énergie achetée : le rendement compte aussi, comme le rappelle l’ADEME.

Gaz ou électrique : le prix du kWh ne donne pas le gagnant

Une chaudière gaz peut fournir une chaleur moins chère qu’un radiateur électrique, sans pour autant coûter moins cher sur l’année. La différence se joue notamment sur l’abonnement gaz et l’entretien : ces dépenses pèsent lourd dans un logement qui chauffe peu.

Pour comparer sans se faire avoir, il faut regarder trois choses : la chaleur réellement délivrée, les frais fixes que l’on peut supprimer et le coût des travaux éventuels.

Transparence sur les prix — Les montants ci-dessous sont des hypothèses pédagogiques, pas des tarifs certifiés en vigueur cet hiver. Les chiffres datés de 2026 présents dans les sources secondaires fournies ne sont pas repris comme des tarifs vérifiés. Le calcul est prêt à être actualisé avec votre contrat et les grilles officielles de la CRE : aucun seuil n’est valable pour tous les ménages.

Le verdict en une minute

  • Maison déjà équipée d’une chaudière gaz en bon état, avec des besoins de chauffage importants : conserver le gaz peut être moins coûteux que passer aux radiateurs électriques, particulièrement si cela évite des travaux.
  • Petit logement bien isolé ou peu chauffé : l’électricité à résistance peut gagner sur le budget annuel, malgré une chaleur plus chère, si elle permet de supprimer réellement l’abonnement gaz et l’entretien de la chaudière.
  • Gaz conservé pour l’eau chaude ou la cuisine : ajouter des radiateurs électriques ne fait pas disparaître tous les frais fixes. Il faut comparer les dépenses qui changent réellement, pas attribuer artificiellement tout l’abonnement au chauffage.
  • Pompe à chaleur : c’est un autre match. Elle fonctionne à l’électricité, mais ne se compare pas à un convecteur : elle prélève aussi de la chaleur dans l’environnement. Sa consommation dépend de sa performance saisonnière et de l’installation.

Le moins cher à l’usage n’est donc pas nécessairement le moins cher à installer, ni le moins cher à conserver.

Pourquoi comparer les kWh achetés ne suffit pas

Un radiateur électrique : presque un kWh de chaleur par kWh consommé

Un appareil à résistance transforme pratiquement toute l’électricité consommée en chaleur dans le logement. Pour fournir 10 000 kWh de chaleur, on retient donc environ 10 000 kWh d’électricité.

Un radiateur à inertie ne change pas cette règle physique. Il peut améliorer le confort et la régulation, et ainsi éviter certaines consommations inutiles. Mais il ne produit pas deux fois plus de chaleur avec la même électricité. L’ADEME explique ces différences entre systèmes de chauffage.

Une chaudière gaz : il faut intégrer les pertes

Avec un rendement saisonnier de 90 %, fournir 10 000 kWh de chaleur exige environ :

10 000 ÷ 0,90 = 11 111 kWh de gaz.

Le rendement saisonnier tient compte du fonctionnement sur la saison, pas seulement d’une mesure dans des conditions favorables. L’âge de la chaudière, ses réglages, les températures d’eau et les pertes de distribution peuvent modifier le résultat.

Attention également aux rendements annoncés supérieurs à 100 % : ils peuvent être exprimés sur le pouvoir calorifique inférieur, ou PCI. Pour calculer à partir des kWh facturés en France, exprimés sur le pouvoir calorifique supérieur, ou PCS, il faut un rendement cohérent avec cette même base. Ne recopiez pas un pourcentage de brochure sans vérifier.

La comparaison de départ devient :

  • Chaleur au gaz : prix du kWh de gaz ÷ rendement saisonnier.
  • Chaleur électrique à résistance : prix du kWh d’électricité.

Puis on ajoute les frais fixes pertinents.

Le cas chiffré : 5 000, 10 000 et 15 000 kWh de chaleur

Prenons un exemple fictif, avec les hypothèses suivantes, en TTC :

ParamètreHypothèse de calcul
Gaz naturel0,12 €/kWh acheté
Électricité, prix constant0,20 €/kWh acheté
Rendement saisonnier gaz, sur PCS90 %
Abonnement gaz330 €/an
Entretien de la chaudière150 €/an
Supplément d’abonnement électrique en passant aux radiateurs60 €/an

Les 150 € d’entretien ne sont ni un prix réglementé ni une moyenne garantie : remplacez-les par votre facture ou un devis. L’entretien annuel des chaudières concernées est obligatoire, rappelle Service-Public.fr.

Périmètre : le gaz sert ici uniquement au chauffage et peut être totalement supprimé. Le logement dispose déjà d’un abonnement électrique pour ses autres usages : seul son éventuel surcoût est compté. Les besoins indiqués correspondent à toute la saison de chauffe, et les frais fixes sont comptés sur douze mois.

Chaleur nécessaire sur la saisonGaz : consommation seuleGaz : consommation + abonnement + entretienRadiateurs : consommation + supplément d’abonnementSolution moins chère dans cet exemple
5 000 kWh667 €1 147 €1 060 €Électricité : 87 € d’écart
10 000 kWh1 333 €1 813 €2 060 €Gaz : 247 € d’écart
15 000 kWh2 000 €2 480 €3 060 €Gaz : 580 € d’écart

Calculs ObraTodo, arrondis à l’euro. Hors achat et pose des équipements, réparations et consommation électrique auxiliaire de la chaudière, à ajouter pour affiner. Il ne s’agit pas des factures totales du logement.

Dans cet exemple, le kWh de chaleur coûte 13,3 centimes au gaz, contre 20 centimes à l’électricité. Pourtant, à 5 000 kWh, l’électricité gagne : les économies sur la consommation de gaz ne compensent pas ses frais fixes.

Quels prix utiliser pour actualiser le tableau ?

Pour le gaz, consultez le prix repère mensuel de la CRE, en choisissant le profil chauffage et la zone de desserte pertinente. Ce repère n’est pas un tarif réglementé imposé aux fournisseurs. Votre contrat reste la référence pour votre propre calcul.

Pour l’électricité, consultez votre grille contractuelle ou les tarifs réglementés présentés par la CRE. Le tarif réglementé est fixé par les pouvoirs publics sur proposition de la CRE ; les montants dépendent notamment de l’option tarifaire et de la puissance souscrite.

Utilisez des prix TTC applicables à la même période. Si vous projetez un tarif mensuel sur tout l’hiver, indiquez-le comme une hypothèse, pas comme une prévision certaine.

Le seuil où garder le gaz ne paie plus

Dans notre exemple, conserver le gaz entraîne 480 € de frais fixes annuels. Passer aux radiateurs ajoute 60 € à l’abonnement électrique. Le surcoût fixe du gaz est donc de :

330 + 150 − 60 = 420 € par an.

En revanche, chaque kWh de chaleur fourni au gaz économise :

0,20 − (0,12 ÷ 0,90) = environ 0,0667 €.

Le seuil d’équilibre est donc :

420 ÷ 0,0667 ≈ 6 300 kWh de chaleur par an.

Au-dessous, les radiateurs électriques coûtent moins cher en dépenses récurrentes ; au-dessus, le gaz reprend l’avantage, avec ces seules hypothèses.

La formule à réutiliser est :

Seuil = (abonnement gaz évitable + entretien évitable − supplément d’abonnement électrique) ÷ (prix électrique − prix gaz ÷ rendement).

Cette lecture suppose que le gaz fournit une chaleur moins chère et supporte davantage de frais fixes. Si le kWh de chaleur au gaz est déjà plus cher, il n’existe pas de seuil où une forte consommation lui redonne l’avantage dans cette configuration.

Ne comptez que les dépenses réellement évitables

Si la chaudière reste en service pour l’eau chaude, son entretien demeure nécessaire. Si le gaz reste utilisé pour cuisiner, un abonnement subsiste, éventuellement avec une autre grille tarifaire. À l’inverse, supprimer le gaz impose de prévoir une autre production d’eau chaude et parfois une autre plaque de cuisson.

Et pour choisir quel appareil allumer ce soir ? Si les deux équipements sont déjà là et que leurs frais fixes seront payés de toute façon, comparez surtout le coût du kWh de chaleur à cet instant. C’est une décision différente de celle consistant à quitter définitivement le gaz.

Trois logements, trois raisonnements

Le studio déjà tout électrique

Créer un raccordement gaz, installer une chaudière et un réseau de radiateurs uniquement pour réduire le prix du kWh serait un projet lourd. Si les besoins sont faibles, les frais fixes et l’investissement peuvent absorber les économies attendues.

La priorité : vérifier le contrat, programmer le chauffage selon l’occupation et traiter les déperditions accessibles.

La maison déjà raccordée au gaz

Avec une chaudière fonctionnelle et un réseau en bon état, passer aux résistances électriques mérite un calcul complet. Une économie annuelle modeste peut être annulée par le prix des appareils, de la pose et de l’adaptation électrique.

Si la chaudière arrive en fin de vie, comparez plusieurs scénarios sur une durée commune : investissement, consommation, abonnements, entretien et remplacement prévisible. Une pompe à chaleur peut entrer dans cette comparaison, sans lui attribuer automatiquement une performance de catalogue.

Le logement mal isolé

Le combustible le moins cher ne supprime pas les pertes par la toiture, les murs ou les infiltrations d’air. L’ADEME recommande de réduire les besoins et d’améliorer le logement avant de dimensionner un nouveau chauffage.

L’ordre des travaux compte : un équipement choisi avant isolation risque ensuite d’être surdimensionné. Mais isoler ne signifie jamais condamner les entrées d’air nécessaires à la ventilation.

Ce qui peut faire changer le résultat

  • Votre contrat à prix fixe. Il peut être plus intéressant que le repère du moment. Vérifiez toutefois les éléments réellement bloqués : taxes, acheminement ou abonnement peuvent évoluer selon le contrat.
  • Les heures creuses. Utilisez le prix moyen pondéré des kWh réellement consommés par le chauffage. Il serait trompeur de facturer tout l’hiver au prix de nuit si les radiateurs fonctionnent aussi en heures pleines. Les autres consommations du logement doivent également entrer dans le choix de l’option.
  • Le rendement réel de la chaudière. À 80 % au lieu de 90 %, avec notre gaz à 0,12 €, la chaleur revient à 15 centimes/kWh : l’avantage du gaz diminue.
  • La température et les horaires. Comparez à confort et occupation similaires. Baisser la consigne ou chauffer moins de pièces réduit les besoins, mais ne démontre pas qu’un appareil est intrinsèquement plus efficace.
  • L’isolation. Elle réduit la consommation et donne davantage de poids aux frais fixes. Le meilleur choix après travaux peut donc différer du meilleur choix avant travaux.

Avant de remplacer le chauffage : trois vérifications

1. L’installation électrique peut-elle suivre ? Faites examiner la puissance nécessaire lorsque chauffage, chauffe-eau et cuisson fonctionnent ensemble, ainsi que les circuits et protections. Augmenter la puissance souscrite ne suffit pas à rendre une installation adaptée.

2. La ventilation restera-t-elle correcte ? Un changement de chauffage ou des travaux d’étanchéité ne dispensent pas de renouveler l’air. Ne bouchez jamais une grille pour gagner quelques degrés. Pour éviter de signer avec un professionnel dont la qualification ne couvre pas les travaux envisagés, consultez Pompe à chaleur ou VMC : vérifiez le bon RGE avant de signer avant de retenir un devis de PAC ou de ventilation.

3. Le devis compare-t-il vraiment les mêmes services ? Demandez que chauffage, eau chaude, dépose, raccordements, régulation et adaptations électriques soient détaillés. Une promesse d’économies sans consommation de référence, sans rendement retenu et sans frais fixes ne constitue pas un calcul vérifiable.

À relever sur vos factures

Gardez cette liste à côté de votre simulation :

  • Gaz : prix TTC du kWh, abonnement annuel TTC, type d’offre et dates d’application. Utilisez les kWh facturés, pas directement les mètres cubes du compteur.
  • Électricité : puissance souscrite, abonnement TTC et prix du kWh dans chaque plage tarifaire.
  • Chaudière : coût d’entretien et estimation du rendement saisonnier sur une base cohérente avec les kWh facturés.
  • Consommations : historique annuel, en distinguant autant que possible chauffage, eau chaude et cuisson. Une mensualité de prélèvement n’est pas une consommation réelle.
  • Scénario de remplacement : frais réellement supprimés, nouveaux abonnements et coût des travaux.

Pour estimer la chaleur fournie par votre chaudière, partez des kWh de gaz affectés au chauffage et multipliez-les par le rendement retenu. N’utilisez pas directement le chiffre du DPE comme une consommation facturée : ses conventions et son périmètre ne sont pas identiques.

Le bon réflexe ObraTodo : avant d’acheter un nouveau chauffage, refaites ce calcul avec vos factures. Quelques euros gagnés sur le kWh ne justifient pas à eux seuls plusieurs milliers d’euros de travaux.

Ce que nous avons lu

Ce que nous avons lu

4 sources.

  1. 1www.je-simule.fr
  2. 2mon-habitat-durable.fr
  3. 3www.fournisseurs-electricite.com
  4. 4www.fournisseurs-gaz.com

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