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MODE D'EMPLOI
Heures creuses : vérifiez vos nouveaux créneaux avant de reprogrammer vos appareils
Vos heures creuses bougent, pas vos programmateurs. Depuis le 1er novembre 2025, les horaires évoluent progressivement jusqu’en 2027 : les 8 heures creuses restent, mais leur répartition peut changer. Et cela ne concerne pas seulement EDF. Un chauffe-eau piloté par le signal Linky peut suivre automatiquement ; une programmation à heure fixe doit être vérifiée. Avant de toucher aux réglages, retrouvez vos créneaux et leur date d’application auprès de votre fournisseur. Source : Service-Public.fr — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18476
En bref
1Vos heures creuses bougent, pas vos programmateurs.
2Depuis le 1er novembre 2025, les horaires évoluent progressivement jusqu’en 2027 : les 8 heures creuses restent, mais leur répartition peut changer.
3Et cela ne concerne pas seulement EDF.
Vous vous demandez « comment vérifier mes nouvelles heures creuses Linky » ? Commencez par votre fournisseur, pas par le tableau électrique. Le compteur reçoit les nouveaux paramètres à distance, mais il ne remet pas à l’heure tous vos appareils. Un chauffe-eau correctement relié au signal heures creuses peut suivre automatiquement ; une borne de recharge ou un lave-linge programmé à heure fixe peut continuer à consommer au mauvais moment.
Le bon ordre : confirmer vos horaires et leur date d’application, identifier ce qui pilote chaque appareil, puis contrôler le résultat. Inutile d’acheter un équipement connecté avant ces vérifications.
1. Ce qui change — et ce qui ne change pas
La réorganisation des heures creuses a commencé le 1er novembre 2025, avec un déploiement progressif annoncé jusqu’à fin 2027. Tous les foyers ne changent donc pas d’horaires le même jour, et certains conservent leurs plages.
L’option classique heures pleines/heures creuses garde 8 heures creuses par jour. C’est leur placement qui évolue, notamment pour mieux correspondre à la production solaire. Le cadre prévoit :
- au moins 5 heures consécutives la nuit, entre 23 h et 7 h ;
- une partie possible en journée, entre 11 h et 17 h, pouvant aller jusqu’à 3 heures ;
- des horaires susceptibles de différer selon la saison et le point de livraison.
Ces grandes fenêtres ne sont pas vos horaires personnels : « entre 11 h et 17 h » ne signifie pas que les six heures sont toutes à tarif réduit. Les anciennes plages du matin et du début de soirée concernées par la réforme sont déplacées progressivement. [Sources : Service Public et CRE, liens en fin d’article.]
Ce n’est pas seulement une affaire d’EDF
Sur le réseau Enedis, les plages sont attribuées par Enedis au point de livraison ; le fournisseur vous les communique. Les clients des fournisseurs alternatifs sont donc également concernés. Changer de fournisseur ne permet pas de choisir ses heures creuses. Si votre commune dépend d’un autre gestionnaire de distribution, demandez confirmation du calendrier applicable à votre fournisseur.
2. Retrouvez les horaires réellement applicables chez vous
Avant toute modification, faites ces quatre vérifications.
- Lisez votre option tarifaire. Votre contrat ou votre facture doit indiquer « heures pleines/heures creuses », avec deux prix du kWh. En option Base, décaler une consommation ne change pas son prix selon l’heure. Pour Tempo ou une offre à plages spécifiques, consultez les règles propres au contrat : ne leur appliquez pas automatiquement ce guide.
- Ouvrez votre espace client fournisseur. Recherchez les rubriques « contrat », « compteur », « horaires heures creuses » et les messages annonçant une modification. Consultez aussi votre dernière facture.
- Notez les plages exactes, la date d’effet et les éventuelles périodes saisonnières. Une ancienne facture peut encore présenter les anciens horaires. Selon le dispositif présenté par Service Public, le fournisseur doit prévenir au moins un mois avant le changement.
- En cas de contradiction, demandez une confirmation écrite. Indiquez votre numéro de point de livraison, aussi appelé PDL ou PRM, présent sur la facture.
Vous pouvez envoyer ce message :
« Pouvez-vous confirmer les heures creuses actuellement applicables à mon point de livraison, les nouveaux horaires éventuels, leur date d’effet et les différences été/hiver ? »
Et sur l’écran du Linky ?
L’écran permet de consulter des informations tarifaires et les index de consommation en faisant défiler les affichages. Il ne faut pas le considérer comme un calendrier complet de vos nouvelles plages. Voir un index « heures creuses » ne donne ni tous les horaires, ni leur prochaine date de modification.
Les horaires d’un voisin ou un tableau trouvé par commune ne remplacent pas non plus la confirmation liée à votre propre point de livraison.
Réflexe anti-arnaque : personne n’a besoin de vos coordonnées bancaires pour simplement vous communiquer ces horaires. Une proposition payante de « mise à jour Linky » doit vous alerter : contactez votre fournisseur avec les coordonnées figurant sur votre facture.
3. Le contrôle au tableau : qui donne l’ordre de démarrer ?
Il s’agit d’un repérage visuel, sans démontage. N’enlevez aucun capot et ne touchez pas au câblage. Si le tableau est abîmé ou si vous ne reconnaissez pas les commandes, demandez à un électricien.
| Ce que vous repérez | Ce que cela signifie | Votre action |
|---|---|---|
| Contacteur du chauffe-eau avec positions « 0 / Auto / I » | Il peut recevoir le signal heures creuses du compteur | Vérifier la position Auto et le mode de commande réel |
| Horloge avec cadran ou écran horaire | Elle peut commander l’appareil à heures fixes | Corriger les plages et vérifier l’heure affichée |
| Prise connectée ou application domotique | Le fonctionnement dépend du scénario enregistré | Vérifier si le scénario suit une heure fixe ou un vrai signal tarifaire |
| Programmation dans l’appareil | L’appareil applique ses propres horaires | Modifier les créneaux dans son menu |
Attention : la position Auto ne prouve pas, à elle seule, que le contacteur est relié au signal Linky. Il peut être commandé par une horloge. De même, « connecté au Wi-Fi » ne veut pas dire « synchronisé avec les heures creuses ».
Ne branchez pas un chauffe-eau, une pompe à chaleur ou une recharge automobile sur une prise connectée ordinaire pour improviser ce pilotage : la commande doit être adaptée à l’appareil, à sa puissance et à son installation.
4. Réglez les appareils sans sacrifier le confort
Chauffe-eau : automatique seulement si la commande suit le compteur
Pour un ballon électrique classique, un contacteur correctement relié au contact de commande du compteur et placé sur Auto suit normalement les nouvelles plages. Une horloge indépendante ou une programmation à heure fixe doit, elle, être vérifiée et corrigée. C’est la distinction essentielle rappelée par Service Public.
Sur un contacteur classique :
- Auto laisse agir la commande ;
- I correspond à la marche forcée : la chauffe est autorisée, mais le tarif reste celui de l’heure réelle ;
- 0 arrête la chauffe.
Après la bascule, contrôlez que vous disposez toujours d’assez d’eau chaude. Une autorisation de chauffe ne signifie pas que la résistance fonctionne pendant toute la plage : le thermostat l’arrête lorsque la température prévue est atteinte.
Si l’eau manque, ne laissez pas immédiatement le ballon en marche forcée permanente. Vérifiez d’abord la programmation et faites contrôler la commande si nécessaire. Ne réduisez pas les réglages sanitaires ou les cycles de protection pour gagner quelques heures creuses.
Cas particulier : un chauffe-eau thermodynamique ou doté d’une électronique spécifique peut nécessiter une alimentation permanente et une entrée de commande dédiée. Sa notice prime ; ne lui appliquez pas le fonctionnement d’un ballon classique par défaut.
Lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge : compter la durée du cycle
Modifiez le départ différé en tenant compte de l’heure de fin, pas seulement du démarrage. Certains appareils demandent d’ailleurs une heure de fin plutôt qu’une heure de départ.
Exemple fictif : avec des heures creuses de 13 h à 16 h, un cycle de trois heures lancé à 15 h continuera en heures pleines. Il n’est pas facturé entièrement au tarif du démarrage : chaque consommation relève du tarif applicable au moment où elle se produit.
Choisissez autant que possible une plage où vous êtes présent et éveillé, plutôt qu’un fonctionnement sans surveillance ou pendant votre sommeil. Respectez les notices, entretenez notamment les filtres du sèche-linge et ne coupez pas l’alimentation en plein cycle pour arrêter la consommation à la minute près.
Voiture électrique : vérifier la borne et le véhicule
Une programmation peut exister à deux endroits : dans la voiture et dans la borne. Si elles se contredisent, la recharge peut ne pas partir ou finir trop tard.
- Mettez à jour la plage de recharge dans le système qui la pilote réellement.
- Vérifiez si l’application propose une restriction aux heures creuses ou seulement une heure de départ souhaitée : ce n’est pas la même fonction.
- Contrôlez après une première recharge l’heure de démarrage, l’heure de fin et l’autonomie disponible.
- Évitez de lancer simultanément recharge, ballon et autres appareils puissants.
Si la puissance appelée devient trop élevée pour l’abonnement, privilégiez une réduction de la puissance de recharge ou un pilotage dynamique compatible avec la borne. N’augmentez pas l’abonnement avant d’avoir évalué ces possibilités. Faites vérifier l’installation en cas de déclenchements répétés.
Pompe à chaleur : pas de coupure brutale pour suivre le tarif
Ne pilotez pas une PAC en coupant son alimentation au disjoncteur ou avec une prise connectée. Utilisez sa régulation, ses plages de confort et les fonctions prévues par le fabricant.
Une longue interruption peut dégrader le confort et entraîner une forte relance, voire solliciter un appoint électrique. Pour une PAC qui utilise l’air extérieur, les heures les moins chères ne sont pas forcément celles où elle fonctionne le plus efficacement.
Commencez par des consignes stables. Si la PAC produit aussi l’eau chaude, vérifiez si cette fonction dispose d’une programmation distincte. Les réglages dépendent du modèle, de l’isolation et de l’inertie du logement : l’installateur doit pouvoir expliquer ce qui est pertinent chez vous, sans promettre une économie automatique.
Photovoltaïque : regarder le surplus réel, pas seulement l’horloge
Avec des panneaux en autoconsommation, distinguez l’électricité produite et consommée sur place de celle achetée au réseau. Le tarif heures creuses concerne cette dernière.
Pour arbitrer :
- Regardez la production et le surplus réellement disponibles après les autres usages du logement.
- Comparez le prix du kWh que vous éviteriez d’acheter avec la rémunération du surplus que vous renonceriez à vendre, si vous avez un contrat de vente.
- Décalez les usages compatibles avec ce surplus et vos besoins.
Programmer tous les appareils à midi peut dépasser la production et provoquer un achat au réseau. À l’inverse, attendre systématiquement la nuit peut vous faire manquer une autoconsommation intéressante. Les heures creuses de journée constituent un repère tarifaire, pas une garantie d’ensoleillement sur votre toit.
5. Après une semaine : vérifiez le résultat, pas seulement les réglages
Au début du suivi, relevez les index HP et HC, puis recommencez sept jours plus tard. La différence donne les kWh consommés dans chaque catégorie. Vous pouvez aussi consulter les données de votre fournisseur ou d’Enedis, selon les services activés et leur délai de disponibilité.
Contrôlez trois points :
- les consommations programmées tombent-elles dans les nouvelles plages ?
- l’eau chaude, le chauffage et l’autonomie de la voiture restent-ils suffisants ?
- avez-vous créé des démarrages simultanés ou des consommations supplémentaires ?
Une semaine permet de repérer un mauvais réglage, pas de conclure à la rentabilité annuelle, surtout avec du chauffage électrique ou du solaire. Comparez ensuite des périodes représentatives, en tenant compte de la météo et de l’occupation du logement.
L’option HP/HC est-elle toujours intéressante ?
Il n’existe pas de pourcentage universel de consommation en heures creuses qui garantisse une économie. Le seuil dépend des prix de votre offre et de l’abonnement. Pour une même consommation annuelle :
- Coût HP/HC = abonnement annuel HP/HC + kWh HP × prix HP + kWh HC × prix HC.
- Coût Base = abonnement annuel Base + totalité des kWh × prix Base.
Utilisez des prix TTC comparables et les grilles en vigueur. Si vos gros usages ne peuvent plus être décalés, demandez une simulation avant de changer d’option.
À retenir : les 8 heures creuses restent, mais vos anciens réglages ne sont pas forcément encore les bons. Vérifier coûte moins cher que remplacer un équipement — et déplacer des kWh utiles vaut mieux qu’en consommer davantage sous prétexte qu’ils sont moins chers.
Ce que nous avons lu
- Service Public — « Changement des heures creuses dès le 1er novembre 2025 », publié le 2 octobre 2025. Référence pour le calendrier annoncé, les 8 heures quotidiennes, l’information des clients et l’adaptation des équipements. Cette publication décrit le déploiement général ; votre fournisseur doit confirmer votre situation actuelle. Lire l’article.
- Commission de régulation de l’énergie — annexe sur le TURPE 7 et l’évolution des plages temporelles, février 2025. Cadre de placement des heures creuses et répartition entre nuit et journée. Consulter le document PDF.
- Mixénergie — « Heures creuses : comment adapter sa pompe à chaleur, son chauffe-eau et son solaire ? » Éclairage pratique d’un installateur sur le confort, le pilotage et l’autoconsommation ; il ne remplace pas la notice de votre équipement. Lire l’article.
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